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Faire le métré en gros œuvre
Méthode pour métrer un lot gros œuvre en appel d'offres : terrassement, béton, coffrage, acier, maçonnerie. Éviter les doubles comptages de béton et fiabiliser.
Barbara MelkiorExperte BTP
Nathan LamontagneExpert digitalisation & stratégie digitaleFaire le métré d'un lot gros œuvre, c'est cuber le béton, développer les coffrages, estimer l'acier et relever les maçonneries, élément structurel par élément structurel. La difficulté n'est pas la formule — c'est de cuber au bon volume et de ne compter chaque ouvrage qu'une fois, car un voile, une poutre et le plancher qui les relie se recouvrent sur le plan et se comptent facilement deux fois.
À cela s'ajoutent les postes qui n'apparaissent pas dans la structure finie : terrassement et fouilles, coffrages perdus, aciers en attente, ouvrages enterrés et sujétions de reprise. Un métré gros œuvre fiable relève donc autant les prestations de mise en œuvre que les volumes de matière, fondation par fondation et niveau par niveau.
Les postes à relever, un par un
Un lot gros œuvre bien métré distingue chaque nature d'ouvrage et son unité propre. Les fondre est la première source d'écart avec la DPGF.
- Terrassement et fouilles : en m³ (déblais, remblais), sur les coupes et le plan de fondation.
- Béton : en m³, élément par élément (semelles, longrines, voiles, poteaux, poutres, planchers, dallage).
- Coffrage : en m² de surface coffrée développée, distinct du volume de béton.
- Acier : en kg ou en tonnes, par ratio ou d'après la note de calcul.
- Maçonnerie : en m² de parois (blocs, briques), déduction faite des ouvertures.
- Éléments préfabriqués : à l'unité (prédalles, prémurs, poutrelles-hourdis).
Chaque poste se rattache à un article de la DPGF et à un prix unitaire distinct. Pour la méthode générale de relevé graphique, voir notre guide métré sur plans.
Cubature et double comptage : le vrai enjeu du gros œuvre
Le béton se compte au volume, et c'est là que se logent les erreurs. Un plancher, les poutres qui le portent et les voiles qui montent depuis ce niveau se croisent géométriquement : compter la dalle sur toute sa surface puis ajouter les poutres en entier revient à cuber deux fois les zones d'intersection.
| Élément | Unité | Piège de comptage |
|---|---|---|
| Dalle pleine | m³ (surface × épaisseur) | Oublier les retombées de poutres |
| Poutre | m³ (section × longueur) | Recompter la part déjà dans la dalle |
| Voile | m³ ou m² | Ne pas déduire les baies au-delà du seuil |
| Poteau | m³ ou unité | Double compte à la jonction poteau-poutre |
| Coffrage | m² développé | Confondre surface coffrée et volume béton |
La règle de déduction des vides et de traitement des intersections doit être constante sur tout le lot. C'est aussi un poste où une incohérence CCTP / DPGF se glisse : le CCTP impose un béton de classe supérieure ou un parement soigné que la DPGF n'a pas valorisé.
Vérifier avant de chiffrer
Avant de passer au prix, quelques recoupements évitent les mauvaises surprises :
- Confronter les m³ relevés aux quantités de la DPGF — tout écart doit s'expliquer.
- Vérifier les unités : m³ béton, m² coffrage, kg acier ne se mélangent pas.
- Contrôler les épaisseurs entre les coupes, le CCTP et le plan de coffrage.
- Recouper le ratio d'acier avec la nature de chaque élément structurel.
- Tracer les intersections poteaux-poutres-planchers pour éviter le double compte.
Une fois les volumes fiables, le passage au déboursé suit la logique habituelle du déboursé sec.
Les ouvrages annexes à ne pas oublier
Le béton et l'acier ne font pas tout le lot. Plusieurs prestations, décrites au CCTP, se chiffrent à part et sont régulièrement oubliées en lecture rapide.
- Terrassement complémentaire : purges, blindage de fouille, évacuation des terres.
- Coffrages spéciaux : coffrage perdu, banches pour parements architectoniques.
- Réservations et scellements : trémies, fourreaux, platines et attentes pour les lots suivants.
- Étanchéité des ouvrages enterrés : cuvelage, drainage périphérique.
- Aciers en attente : reprises de bétonnage, liaisons avec les phases ultérieures.
Ces postes influent nettement sur le déboursé, en particulier le terrassement et les coffrages spéciaux, qui mobilisent matériel et main-d'œuvre sans apparaître dans le volume de structure fini. Les repérer poste par poste dans le CCTP protège la marge.
Automatiser le comptage et le recoupement
Cuber le béton niveau par niveau, développer les coffrages, appliquer les ratios d'acier et confronter le tout à la DPGF : ce travail est long et répétitif, donc à fort risque de double compte en fin de journée. Un outil comme Artos lit le DCE, recoupe CCTP et DPGF, relève surfaces et volumes sur les plans et signale les écarts avec un indice de confiance — chaque ligne restant éditable. Une classe de béton imposée au CCTP mais non valorisée dans la DPGF, ou une réservation non reprise, remonte avant la remise.
Artos ne remplace pas le logiciel de devis : il prépare la base chiffrée en amont. Le métreur vérifie les cubatures, ajuste ses ratios d'acier selon la note de calcul, puis exporte vers son outil habituel pour finaliser son prix. Le gain de temps peut atteindre 50 % sur la partie relevé et recoupement, sans jamais perdre la main sur la cubature. Pour la mise en quantités qui suit, voir aussi chiffrer un lot gros œuvre.
Pour resituer le métré dans la démarche complète, voir comment répondre à un appel d'offres BTP.
Questions fréquentes
Comment métrer le béton d'un plancher : au m² ou au m³ ?+–
Au m³. On relève la surface du plancher sur le plan de coffrage, on la multiplie par l'épaisseur nette de dalle, puis on ajoute les retombées de poutres et les surépaisseurs. Compter une dalle au m² masque l'épaisseur et fausse la cubature, qui est l'unité de la DPGF pour le béton.
Faut-il déduire les ouvertures dans le métré des voiles ?+–
Oui, au-delà d'un certain seuil. Les baies, portes et trémies importantes se déduisent de la surface de voile ou de la cubature de béton. Les petites réservations se négligent souvent, mais la règle de déduction doit être constante sur tout le lot pour rester cohérent avec la DPGF.
D'où vient le tonnage d'acier si le plan ne le donne pas ?+–
Au stade de la remise, l'acier se pré-estime par un ratio (kg d'acier par m³ de béton) propre à chaque élément : semelles, voiles, poteaux, planchers. Ce ratio se justifie par la nature de l'ouvrage, pas par une valeur unique. La note de calcul BA, quand elle existe, fiabilise le tonnage.
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Lecture du DCE, recoupement des pièces, métré et pré-chiffrage. Vous validez, vous exportez.