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Comment décider go/no-go pour un marché public
Décider go/no-go sur un marché public : lire le DCE réglementaire, tester recevabilité et conformité avant de mobiliser l'équipe de chiffrage.
Barbara MelkiorExperte BTP
Nathan LamontagneExpert digitalisation & stratégie digitaleDécider go/no-go sur un marché public, c'est répondre à une seule question avant d'engager la moindre heure de chiffrage : ce marché est-il gagnable ET recevable pour nous ? En commande publique, la recevabilité prime. Un dossier techniquement pertinent mais qui ne respecte pas le formalisme du DCE, ne couvre pas les capacités exigées ou oublie une pièce obligatoire est écarté sans que l'offre de prix ne soit même ouverte. Le go/no-go se joue donc d'abord sur la lecture réglementaire du dossier de consultation.
Ce qui distingue le go/no-go public du privé
En marché privé, un maître d'ouvrage peut négocier, demander un complément, retenir une offre incomplète parce que la relation compte. En marché public, l'acheteur est tenu par les principes de la commande publique : liberté d'accès, égalité de traitement des candidats, transparence. Concrètement, cela veut dire qu'une pièce manquante ou un critère non satisfait ne se rattrape pas par la discussion.
Le go/no-go public doit donc trancher sur trois plans avant tout chiffrage :
- La recevabilité de la candidature : disposez-vous des capacités professionnelles, techniques et financières exigées par le RC (références, qualifications, chiffre d'affaires attendu, attestations) ?
- La conformité de l'offre : le CCTP impose-t-il des prestations, matériaux ou méthodes que vous ne pouvez pas tenir sans réserve interdite ?
- La faisabilité économique : le prix ferme ou révisable, les délais imposés et les pénalités du CCAP laissent-ils une marge acceptable ?
Autre spécificité publique à intégrer dès le go/no-go : le mode de dévolution. Un marché alloti en lots séparés ouvre la porte aux entreprises spécialisées et permet de cibler le seul lot que l'on maîtrise ; un marché global ou en macro-lots suppose de porter des prestations plus larges, parfois hors de son cœur de métier. La forme du marché — accord-cadre à bons de commande, marché forfaitaire, tranches optionnelles — pèse directement sur l'opportunité de répondre. Décider go, ce n'est pas seulement estimer qu'on peut gagner : c'est vérifier que le périmètre imposé correspond à ce que l'on sait exécuter dans les règles.
Les pièces à lire pour trancher
Le go/no-go se fonde sur une lecture ciblée du DCE, dans un ordre qui va du plus éliminatoire au plus détaillé.
| Pièce | Ce qu'elle révèle pour le go/no-go | Signal no-go typique |
|---|---|---|
| Règlement de consultation (RC) | Critères de jugement, pondération, capacités exigées, pièces à remettre | Capacités ou références hors de portée |
| CCAP | Prix ferme/révisable, pénalités, retenue de garantie, délais de paiement | Pénalités ou délais intenables |
| CCTP | Prestations et matériaux imposés, contraintes de méthode | Prestation clé que vous ne maîtrisez pas |
| DPGF / BPU | Charge de chiffrage, structure des prix imposée | Volume disproportionné vs délai de remise |
| Plans | Cohérence avec les quantités, complexité réelle | Écarts massifs plans / DPGF |
Un point spécifique au public : le RC peut imposer un prix ferme (non révisable pendant l'exécution) ou révisable selon une formule. Sur un marché long, un prix ferme mal maîtrisé transforme un go séduisant en perte. Ce paramètre doit peser dans la décision, pas seulement dans le chiffrage.
Une grille de décision simple
Pour éviter la décision au feeling, on ramène le go/no-go à une grille pondérée. Chaque critère est noté ; en dessous d'un seuil, c'est no-go automatique quel que soit le reste.
- Recevabilité candidature (éliminatoire) : capacités, références, qualifications exigées sont-elles couvertes ?
- Conformité technique : le CCTP est-il tenable sans réserve interdite par le RC ?
- Économie du marché : marge estimée après prise en compte des pénalités et du régime de prix.
- Charge vs délai : le temps de préparation du dossier est-il compatible avec la date limite de remise dématérialisée ?
- Alignement stratégique : référence utile, client cible, plan de charge.
Si les critères éliminatoires ne passent pas, inutile d'aller plus loin : c'est no-go. La valeur d'une bonne décision, c'est autant les marchés qu'on gagne que ceux qu'on renonce à préparer pour rien.
Préparer la base pour décider plus vite
Le vrai frein au go/no-go, ce n'est pas le jugement — c'est le temps de dépouillement du DCE avant de pouvoir juger. Extraire les critères du RC, lister les capacités exigées, repérer les prestations imposées du CCTP et jauger le volume de la DPGF prend des heures de lecture manuelle.
C'est précisément cette base qu'un outil de préparation comme Artos met à disposition : il lit le DCE, remonte les critères, les pièces obligatoires et les points de vigilance, et recoupe les pièces entre elles. Vous obtenez une vue synthétique pour décider go/no-go en connaissance de cause, puis vous exportez la base vers votre logiciel de devis pour chiffrer les dossiers retenus. Artos prépare la base ; la décision et le chiffrage restent entre vos mains.
Pour aller plus loin sur la méthode complète, consultez notre guide répondre à un appel d'offres BTP, et avant de vous engager, la démarche pour sécuriser un marché de travaux avant signature.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qui change pour un go/no-go en marché public par rapport au privé ?+–
En marché public, la décision se prend d'abord sur la recevabilité réglementaire : critères de sélection des candidatures, capacités exigées, pièces obligatoires, respect du formalisme du DCE. Un dossier techniquement gagnable mais incomplet est écarté sans examen. Le privé laisse plus de latitude à la négociation ; le public applique l'égalité de traitement de façon stricte.
Quels documents lire en priorité pour décider go/no-go sur un marché public ?+–
Le règlement de consultation (RC) en premier : il fixe les critères de jugement, la pondération, les capacités exigées et les pièces à remettre. Ensuite le CCTP et la DPGF ou le BPU pour jauger la charge de chiffrage, puis le CCAP pour les clauses financières et les pénalités.
Peut-on décider go/no-go rapidement sur un marché public ?+–
Oui, si la lecture des pièces est structurée. Le temps perdu vient du dépouillement manuel du DCE. En préparant la base — extraction des critères, des capacités et des points de vigilance — on tranche en heures plutôt qu'en jours.
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Lecture du DCE, recoupement des pièces, métré et pré-chiffrage. Vous validez, vous exportez.