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Chiffrer un lot métallerie / serrurerie

Chiffrer un lot métallerie-serrurerie : garde-corps, escaliers, portails sur mesure. Métrer au ml et à l'unité, estimer poids, finition et pose.

BMBarbara MelkiorExperte BTP
NLNathan LamontagneExpert digitalisation & stratégie digitale
Mis à jour le 6 juillet 2026

Chiffrer un lot métallerie-serrurerie, c'est estimer des ouvrages souvent sur mesure — garde-corps, escaliers, portails, ossatures — à partir de plans d'architecte rarement détaillés. La difficulté n'est pas de compter des éléments standard mais de reconstituer matière, façonnage, finition et pose pour chaque ouvrage, en tenant des hypothèses justifiables. Contrairement à un lot répétitif où l'on multiplie une quantité par un prix, la métallerie exige de raisonner ouvrage par ouvrage, chacun étant presque un petit projet à part entière.

C'est ce caractère non standard qui rend le lot piégeux : deux garde-corps de même longueur peuvent avoir un déboursé très différent selon leur remplissage, leur finition et leurs conditions de pose. Le chiffreur doit donc lire finement le CCTP et transformer une description parfois littéraire en quantités et en temps.

Recenser les ouvrages, pas seulement les mètres

Un métré métallerie commence par l'inventaire des ouvrages, chacun étant un ensemble à chiffrer globalement.

  • Garde-corps et rambardes : au ml, avec type de remplissage.
  • Escaliers et passerelles métalliques : à l'unité, ouvrage complet.
  • Portes, portails, grilles : à l'unité, avec quincaillerie.
  • Ossatures et charpentes secondaires : au poids d'acier.
  • Habillages, couvertines, serrurerie fine : au ml ou à l'unité.

Chaque ouvrage se rattache à un article de la DPGF. Le repérage se fait sur les plans d'architecte et les élévations ; pour la méthode de relevé, voir métré sur plans.

Poids, unité, ml : choisir la bonne base

La métallerie combine plusieurs unités selon l'ouvrage. Retenir la mauvaise, c'est fausser tout le poste.

Type d'ouvrageBase de chiffrageComposantes à intégrer
Garde-corps répétitifmlProfils, remplissage, fixations
Porte / portailunitéCadre, vantail, quincaillerie
Escalier métalliqueunité (ouvrage complet)Limons, marches, garde-corps
Ossature / charpentekg ou t d'acierProfils, assemblages, boulonnerie

Un ouvrage décrit au CCTP mais chiffré sous une unité différente dans la DPGF est une incohérence CCTP / DPGF fréquente en métallerie, où les descriptifs sont volontiers littéraires et les quantités approximatives.

Ne jamais oublier finition et pose

En métallerie, la matière n'est qu'une part du prix. Le déboursé complet intègre quatre composantes :

  1. Matière : acier, inox, alu, au poids ou au profil.
  2. Façonnage : découpe, soudure, assemblage en atelier.
  3. Finition : galvanisation, thermolaquage, peinture.
  4. Pose sur site : levage, scellements, accès, réglages.

Oublier la finition ou sous-estimer la pose (levage, accès difficile) fait basculer la marge. Cette décomposition suit la logique du déboursé sec, enrichie de la part atelier propre à la métallerie.

Atelier et chantier : deux temps à chiffrer distinctement

La particularité de la métallerie est de répartir le travail entre l'atelier et le site. Confondre les deux, ou n'en chiffrer qu'un, fausse l'estimation.

  • Étude et plans de fabrication : temps de bureau d'études, souvent sous-estimé sur ouvrages sur mesure.
  • Fabrication en atelier : débit, soudure, montage à blanc, dans des conditions maîtrisées.
  • Traitement de surface : galvanisation à façon, thermolaquage, avec délais et transport associés.
  • Transport sur site : manutention d'ouvrages parfois encombrants ou lourds.
  • Pose et scellements : levage, réglages, fixations sur support, en conditions de chantier.

Le rendement en atelier n'a rien à voir avec celui du chantier, où l'accès, la co-activité et la météo ralentissent la pose. Distinguer clairement ces deux temps, et affecter à chacun son taux horaire, est ce qui sépare une estimation fiable d'un chiffrage approximatif.

Automatiser le recensement et le recoupement

Recenser les ouvrages sur les plans, estimer poids et linéaires, reconstituer matière-façonnage-finition-pose, puis confronter à la DPGF : ce travail est long et exige de ne rien oublier. Un outil comme Artos lit le DCE, recoupe le CCTP et la DPGF, recense les ouvrages sur les plans, prépare les quantités et signale les écarts avec un indice de confiance — chaque ligne restant éditable. Là où un descriptif littéraire annonce un ouvrage que la DPGF n'a pas chiffré, l'incohérence remonte immédiatement plutôt qu'en cours de chantier.

Artos ne remplace pas le logiciel de devis : il prépare la base chiffrée en amont. Le métallier vérifie, ajuste ses hypothèses de poids et de finition, puis exporte vers son outil habituel pour finaliser son prix. Le gain de temps peut atteindre 50 % sur le recensement et le recoupement, sans jamais perdre la maîtrise des ouvrages sur mesure.

Pour resituer le chiffrage dans la démarche complète, voir comment répondre à un appel d'offres BTP.

Questions fréquentes

Comment chiffrer un ouvrage de métallerie sur mesure sans plan de détail ?+

Au stade appel d'offres, on part des plans d'architecte et du CCTP pour estimer dimensions, poids d'acier et façonnage. On consigne les hypothèses (section des profils, remplissage, finition) pour pouvoir les défendre. Le détail de fabrication n'intervient qu'après attribution ; l'offre s'appuie sur une estimation justifiée.

La métallerie se chiffre-t-elle au poids ou à l'unité ?+

Les deux logiques coexistent. Les ouvrages répétitifs (garde-corps au ml, portes à l'unité) se chiffrent par élément ; les ouvrages lourds ou atypiques se chiffrent souvent au poids d'acier, plus la fabrication et la finition. Le CCTP et la DPGF indiquent l'unité attendue, qu'il faut respecter.

Faut-il inclure la finition et la pose dans le prix d'un ouvrage métallique ?+

Oui, et séparément. Un ouvrage métallique = matière + façonnage + finition (galvanisation, thermolaquage) + pose sur site. Oublier la finition ou sous-estimer la pose (accès, levage, scellements) sont les erreurs les plus coûteuses du lot, car la matière n'est qu'une partie du déboursé.

Préparez votre prochain appel d'offres avec Artos.

Lecture du DCE, recoupement des pièces, métré et pré-chiffrage. Vous validez, vous exportez.

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