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Faire le métré en carrelage et faïence

Méthode pour métrer un lot carrelage-faïence en appel d'offres : surfaces, plinthes, chutes, calepinage. Éviter les oublis et fiabiliser le chiffrage.

BMBarbara MelkiorExperte BTP
NLNathan LamontagneExpert digitalisation & stratégie digitale
Mis à jour le 6 juillet 2026

Faire le métré d'un lot carrelage-faïence, c'est relever les surfaces au sol et en mur, les linéaires de plinthes, puis appliquer les chutes liées au calepinage. La difficulté n'est pas le calcul — c'est de ne rien oublier et de séparer proprement chaque poste, car la DPGF les détaille et la moindre confusion d'unité coûte de la marge.

À cela s'ajoutent les ouvrages annexes — préparation de support, étanchéité en locaux humides, profils et joints — qui n'apparaissent pas dans la surface de carrelage finie mais mobilisent matière et main-d'œuvre. Un métré carrelage fiable relève donc autant les prestations cachées que les surfaces visibles, poste par poste et local par local.

Les postes à relever, un par un

Un lot carrelage bien métré distingue clairement chaque nature d'ouvrage. Les fondre ensemble est la première source d'écart avec la DPGF.

  • Carrelage au sol : en m², pièce par pièce, sur les plans de niveau.
  • Faïence murale : en m², avec la hauteur réelle par local (crédence, toute hauteur, retour de douche).
  • Plinthes : en mètres linéaires, périmètre déduction faite des ouvertures.
  • Profilés et joints de dilatation : en ml, souvent oubliés en lecture rapide.
  • Ragréage et primaire : en m², à ne pas confondre avec la surface de pose finie.

Chaque poste se rattache à un article de la DPGF et à un prix unitaire distinct. Pour la méthode générale de relevé graphique, voir notre guide métré sur plans.

Chutes et calepinage : le vrai enjeu du carrelage

La surface nette relevée sur plan n'est pas la surface à commander. Le format du carreau et le sens de pose déterminent le taux de chutes, et donc la quantité réellement débitée.

Format et poseTaux de chutes indicatifPoint de vigilance
Grand format, pose droite5 %Peu de découpes, calepinage régulier
Format standard, pose droite7 %Rives et seuils
Petit format ou pose diagonale10 % et plusDécoupes multiples en périphérie
Pièce à géométrie complexe10-15 %Angles, décrochés, réservations

Ce taux se justifie par le calepinage, jamais par habitude. C'est aussi un poste où une incohérence CCTP / DPGF se glisse facilement : le CCTP impose un grand format alors que la DPGF chiffre une quantité calée sur un petit format.

Vérifier avant de chiffrer

Avant de passer au prix, quelques recoupements évitent les mauvaises surprises :

  1. Confronter les m² relevés aux quantités de la DPGF — tout écart doit s'expliquer.
  2. Vérifier les unités : m² sol, m² mur, ml plinthes ne se mélangent pas.
  3. Contrôler les hauteurs de faïence entre le CCTP et les plans de coupe.
  4. Repérer les zones techniques (douches, locaux humides) qui imposent une étanchéité sous carrelage à chiffrer à part.

Une fois les quantités fiables et les chutes appliquées, le passage au déboursé suit la logique habituelle du déboursé sec.

Les ouvrages annexes à ne pas oublier

Le carrelage au sol et la faïence murale ne font pas tout le lot. Plusieurs prestations connexes, décrites au CCTP, se chiffrent à part et sont régulièrement oubliées en lecture rapide.

  • Préparation des supports : ragréage, primaire d'accrochage, ponçage, au m².
  • Étanchéité sous carrelage : SPEC en locaux humides, obligatoire en douche et salle d'eau.
  • Nez de marche et profils : en ml, sur escaliers et seuils.
  • Joints spéciaux : joints époxy en cuisine collective, joints de fractionnement.
  • Dépose de l'existant : en rénovation, à chiffrer avec l'évacuation des gravats.

Ces postes influent nettement sur le déboursé, en particulier l'étanchéité et la préparation de support, qui mobilisent matière et main-d'œuvre sans apparaître dans la surface de carrelage finie. Les repérer poste par poste dans le CCTP protège la marge.

Automatiser le comptage et le recoupement

Relever pièce par pièce des dizaines de locaux, additionner les surfaces, appliquer les chutes et confronter à la DPGF : ce travail est long et répétitif, donc à fort risque d'oubli en fin de journée. Un outil comme Artos lit le DCE, recoupe CCTP et DPGF, relève les surfaces et linéaires sur les plans et signale les écarts avec un indice de confiance — chaque ligne restant éditable. Un grand format imposé au CCTP alors que la DPGF chiffre un petit format, ou une étanchéité en local humide non reprise, remonte avant la remise.

Artos ne remplace pas le logiciel de devis : il prépare la base chiffrée en amont. Le carreleur vérifie les surfaces, ajuste ses taux de chutes selon son calepinage, puis exporte vers son outil habituel pour finaliser son prix. Le gain de temps peut atteindre 50 % sur la partie relevé et recoupement, sans jamais perdre la main sur le calepinage.

Pour resituer le métré dans la démarche complète, voir comment répondre à un appel d'offres BTP.

Questions fréquentes

Comment calculer le pourcentage de chutes en carrelage ?+

On applique généralement une majoration de 5 à 10 % sur la surface nette selon le format et la pose. Un grand format en pose droite génère peu de chutes ; un petit format en pose diagonale ou une pièce à géométrie complexe peut dépasser 10 %. Le taux se justifie toujours par le calepinage, pas par une règle unique.

Faut-il compter les plinthes séparément du carrelage au sol ?+

Oui. Les plinthes se comptent en mètres linéaires (périmètre des pièces, déduction faite des portes), avec leur propre prix unitaire. Les fondre dans la surface au sol fausse le déboursé et masque un poste que la DPGF détaille presque toujours à part.

La faïence se métre-t-elle comme le carrelage au sol ?+

Non : la faïence est une surface verticale. On relève les hauteurs réelles (crédence, toute hauteur, retour de douche) pièce par pièce, en déduisant les ouvertures importantes. Confondre m² sol et m² mur est une erreur d'unité classique.

Préparez votre prochain appel d'offres avec Artos.

Lecture du DCE, recoupement des pièces, métré et pré-chiffrage. Vous validez, vous exportez.

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