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Faire le métré en charpente

Méthode fiable pour réaliser un métré charpente : sections de bois, longueurs développées, assemblages, quincaillerie et pièges d'unités à éviter.

Barbara MelkiorBarbara MelkiorExperte BTP
Nathan LamontagneNathan LamontagneExpert digitalisation & stratégie digitale
Mis à jour le 4 août 2026

Faire le métré en charpente, c'est relever à partir des plans de charpente et des coupes les longueurs de bois par section, les assemblages et la quincaillerie, puis les confronter à la DPGF. L'enjeu n'est pas la difficulté de comptage mais la maîtrise des unités et des longueurs développées : une pièce relevée en projection plane ou une section confondue coûte directement de la marge.

La charpente mélange des natures très différentes — le ml par section pour le bois, l'unité pour les fermes et chevêtres, le forfait pour certains assemblages, le m³ pour l'approvisionnement. Un métré fiable distingue ces postes dès le relevé.

Partir des sections, pas de la surface

En charpente, la quantité utile n'est pas une surface de toiture mais une longueur de bois par section. Le métré s'organise autour de cette logique :

  • Recenser d'abord toutes les pièces décrites au plan de charpente et au CCTP (pannes, chevrons, arbalétriers, entraits, poinçons).
  • Classer chacune par section commerciale (les longueurs d'une même section s'additionnent, celles de sections différentes non).
  • Relever les longueurs en développé réel, pente comprise, et non en projection horizontale.

Ramener une charpente à un m² de toiture fait disparaître ces sections : on ne sait plus quoi commander ni comment le déboursé se construit.

Une méthode de comptage fiable

  1. Lister les pièces par section depuis les plans de charpente et le CCTP.
  2. Relever la longueur développée de chaque pièce, en tenant compte de la pente.
  3. Compter les éléments à l'unité : fermes, chevêtres, échantignoles, sabots.
  4. Recenser la quincaillerie et les assemblages : boulons, connecteurs, feuillards, souvent décrits au CCTP mais absents du plan.
  5. Confronter à la DPGF : tout écart doit être expliqué avant la remise.
  6. Consigner chaque quantité avec sa source pour pouvoir la justifier.

Les oublis et pièges qui coûtent cher

ÉlémentUnitéPourquoi il est oublié
Longueur développée vs projectionmlPente non prise en compte
Quincaillerie et connecteursunité / forfaitDécrits au CCTP, absents du plan
Assemblages et usinagesunitéConsidérés « inclus » à tort
Chevêtres et trémiesunitéNoyés dans la trame courante
Bois de section particulièremlFondus dans une section standard
Traitement et lasurem² / mlPoste distinct de la fourniture bois
Chutes et pertes de débit%Comptées dans le relevé au lieu d'être en pourcentage

La pente est le piège le plus classique : une longueur relevée en plan est toujours inférieure à la longueur réelle du bois. On relève donc en développé, ou on applique le coefficient de pente au relevé plan. La méthode de relevé graphique est détaillée dans notre guide métré sur plans.

Adapter le métré au type de charpente

Le mode de relevé dépend fortement du système constructif. Une charpente traditionnelle, une fermette industrielle ou une charpente lamellé-collé n'appellent pas la même granularité.

  • Charpente traditionnelle : relevé pièce par pièce, section par section, avec un soin particulier sur les assemblages usinés (tenons, mortaises, embrèvements) comptés à l'unité.
  • Fermettes industrielles : la ferme se compte à l'unité par modèle, l'entraxe conditionne le nombre total ; l'anti-flambement, les contreventements et les feuillards se relèvent au ml.
  • Lamellé-collé et bois massif reconstitué : les pièces sont peu nombreuses mais de grande section ; le m³ devient pertinent pour l'approvisionnement, et les ferrures d'assemblage se comptent à l'unité.

Dans tous les cas, on distingue la fourniture (le bois) de la mise en œuvre (levage, assemblage, fixation) et des traitements (préservation, ignifugation, lasure). Un métré qui globalise ces trois natures perd la traçabilité nécessaire au chiffrage et à la justification des quantités.

Confronter systématiquement à la DPGF

Le métré n'a de valeur que confronté aux quantités du bordereau. En charpente, un écart révèle souvent une section oubliée, une projection plane prise pour un développé, ou une quincaillerie non chiffrée. Dans tous les cas, il faut le lever avant de remettre. Cette confrontation suit la même logique que la détection des incohérences CCTP / DPGF, et prépare la construction du prix décrite dans chiffrer un lot charpente.

Automatiser le comptage sans perdre la main

Relever des longueurs de bois par section et compter des assemblages sur des plans de charpente est typiquement automatisable. Artos lit les plans, relève les pièces par section, compte les éléments à l'unité et rapproche le résultat des quantités de la DPGF en signalant les écarts, chaque ligne restant éditable avec un indice de confiance. Le charpentier ne recompte plus tout à la main : il vérifie, corrige, valide — jusqu'à 50 % de temps gagné sur la préparation. Artos prépare la base ; vous l'exportez ensuite pour chiffrer dans votre outil habituel. Pour la vue d'ensemble, voir comment répondre à un appel d'offres BTP.

Questions fréquentes

Faut-il compter la charpente en volume, en longueur ou à l'unité ?+

Les trois coexistent selon le poste. Les pièces de bois se relèvent au mètre linéaire par section, la quantité de bois s'exprime parfois en m³ pour l'approvisionnement, et les fermes, chevêtres ou assemblages se comptent à l'unité. Le piège est de globaliser en m² de charpente : cette unité masque les sections et les longueurs qui font le vrai déboursé.

Comment compter les longueurs de bois sur des plans de charpente ?+

En longueur développée, par section. On relève chaque pièce (panne, chevron, arbalétrier) à sa longueur réelle en tenant compte de la pente, et on la classe par section commerciale. Les chutes et pertes de débit s'ajoutent ensuite en pourcentage, pas dans le relevé lui-même.

Quelle est l'erreur de métré la plus fréquente en charpente ?+

Oublier la quincaillerie et les assemblages, et relever les longueurs en projection plane au lieu de la longueur développée. Une charpente à forte pente vue en plan est plus courte que sa longueur réelle : compter la projection sous-estime systématiquement le bois.

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