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Faire le métré en étanchéité

Méthode pour métrer un lot étanchéité en appel d'offres : surface courante, relevés, points singuliers, isolant. Éviter les oublis et fiabiliser l'offre.

Barbara MelkiorBarbara MelkiorExperte BTP
Nathan LamontagneNathan LamontagneExpert digitalisation & stratégie digitale
Mis à jour le 3 août 2026

Faire le métré d'un lot étanchéité, c'est relever la surface courante à plat, développer les relevés en périphérie et dénombrer les points singuliers, zone par zone. La difficulté n'est pas le calcul de surface — c'est de ne pas noyer les relevés et les points singuliers dans la surface horizontale, car c'est autour des émergences, en pied de relevé et aux évacuations que l'étanchéité coûte le plus cher et échoue le plus souvent.

À cela s'ajoutent les prestations qui n'apparaissent pas dans la surface finie : pare-vapeur, isolant support, protection (gravillons, dalles sur plots, végétalisation) et traitement des joints de dilatation. Un métré étanchéité fiable relève donc autant les couches du complexe et les détails de périphérie que la surface visible en plan, toiture par toiture.

Les postes à relever, un par un

Un lot étanchéité bien métré distingue chaque nature d'ouvrage et son unité propre. Les fondre est la première source d'écart avec la DPGF.

  • Surface courante : en m² à plat, par toiture ou par zone de complexe.
  • Relevés : en ml, avec la hauteur, en périphérie et autour des émergences.
  • Points singuliers : à l'unité (entrées d'eaux pluviales, crosses, sorties de ventilation).
  • Isolant support : en m², avec épaisseur et type imposés.
  • Protection : en m² (gravillons, dalles sur plots, végétalisation, protection lourde).
  • Joints de dilatation : en ml, traités par un dispositif spécifique.

Chaque poste se rattache à un article de la DPGF et à un prix unitaire distinct. Pour la méthode générale de relevé graphique, voir notre guide métré sur plans.

Relevés et points singuliers : le vrai enjeu de l'étanchéité

La surface courante est la partie facile du métré. Le coût réel se concentre sur la périphérie : chaque mètre de relevé, chaque émergence, chaque évacuation demande un traitement soigné et beaucoup de main-d'œuvre. Un métré qui ne relève que le m² horizontal sous-évalue systématiquement le lot.

PosteUnitéPoint de vigilance
Surface courantem² à platNe pas y inclure les relevés
Relevé en acrotèreml (× hauteur)Développé réel de tout le périmètre
Émergence / édiculeunité + mlTraiter le périmètre, pas seulement déduire
Entrée d'eaux pluvialesunitéManquer une EP sur un plan de toiture chargé
Joint de dilatationmlDispositif spécifique, plus cher que la surface

Le mode de comptage des relevés et des points singuliers doit rester cohérent avec la DPGF sur tout le lot. C'est aussi un poste où une incohérence CCTP / DPGF se glisse : le CCTP impose un complexe multicouche ou une protection lourde que la DPGF a chiffré en simple membrane apparente.

Vérifier avant de chiffrer

Avant de passer au prix, quelques recoupements évitent les mauvaises surprises :

  1. Confronter les m² et ml relevés aux quantités de la DPGF — tout écart doit s'expliquer.
  2. Vérifier les unités : m² courante, ml relevés, unité points singuliers ne se mélangent pas.
  3. Contrôler les hauteurs de relevé entre les coupes, le CCTP et les plans.
  4. Recenser tous les points singuliers sur les plans de toiture et de détails.
  5. Vérifier la limite de prestation isolant avec les lots gros œuvre et isolation.

Une fois les quantités fiables, le passage au déboursé suit la logique habituelle du déboursé sec.

Les ouvrages annexes à ne pas oublier

La surface courante et les relevés ne font pas tout le lot. Plusieurs prestations, décrites au CCTP, se chiffrent à part et sont régulièrement oubliées en lecture rapide.

  • Pare-vapeur : en m², sous l'isolant, distinct de la membrane d'étanchéité.
  • Protection lourde ou meuble : gravillons, dalles sur plots, en m², souvent oubliée.
  • Végétalisation : substrat et complexe drainant en toiture-terrasse végétalisée.
  • Costières et bandes de rive : en ml, autour des lanterneaux et acrotères.
  • Traitement des joints et fissures en support : pontage, préparation avant pose.

Ces postes influent nettement sur le déboursé, en particulier la protection et le pare-vapeur, qui mobilisent matière et main-d'œuvre sans apparaître dans la surface d'étanchéité apparente. Les repérer poste par poste dans le CCTP protège la marge.

Automatiser le comptage et le recoupement

Relever la surface de chaque toiture, développer les relevés de périphérie, dénombrer chaque point singulier et confronter le tout à la DPGF : ce travail est long et répétitif, donc à fort risque d'oubli en fin de journée. Un outil comme Artos lit le DCE, recoupe CCTP et DPGF, relève surfaces et linéaires sur les plans et signale les écarts avec un indice de confiance — chaque ligne restant éditable. Un complexe multicouche imposé au CCTP mais chiffré en simple membrane à la DPGF, ou une protection lourde non reprise, remonte avant la remise.

Artos ne remplace pas le logiciel de devis : il prépare la base chiffrée en amont. Le métreur vérifie les surfaces, ajuste les développés de relevés selon les hauteurs réelles, puis exporte vers son outil habituel pour finaliser son prix. Le gain de temps peut atteindre 50 % sur la partie relevé et recoupement, sans jamais perdre la main sur les points singuliers. Pour la mise en quantités qui suit, voir aussi chiffrer un lot étanchéité.

Pour resituer le métré dans la démarche complète, voir comment répondre à un appel d'offres BTP.

Questions fréquentes

Les relevés d'étanchéité se comptent-ils dans la surface de toiture ?+

Non. La surface courante se relève en m² à plat, mais les relevés en périphérie et autour des émergences se comptent en mètres linéaires, avec leur hauteur. Les fondre dans la surface horizontale fait disparaître un poste coûteux : le relevé mobilise plus de main-d'œuvre au ml que la partie courante au m².

Faut-il déduire les émergences de la surface d'étanchéité ?+

On déduit les émergences importantes (édicules, trémies larges) de la surface courante, mais on ajoute à part le traitement de leur périmètre. Une petite émergence se néglige souvent en surface, mais jamais en point singulier : c'est autour d'elle que l'étanchéité échoue, donc que le métré doit être précis.

L'isolation sous étanchéité fait-elle partie du lot étanchéité ?+

Souvent oui, en toiture-terrasse : le complexe isolant se relève en m² comme la surface courante, avec l'épaisseur et le type imposés au CCTP. Il faut vérifier la limite de prestation avec le lot gros œuvre ou isolation, car un isolant compté deux fois ou oublié fausse directement le déboursé du complexe.

Préparez votre prochain appel d'offres avec Artos.

Lecture du DCE, recoupement des pièces, métré et pré-chiffrage. Vous validez, vous exportez.

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